PROJET NDL - ENQUETE DITE "D'UTILITE PUBLIQUE" CONCERNANT L'EAU

Publié le par glas-bzh

 

 

ENQUETE D’UTILITE SUR L’EAU

PROJET D’AEROPORT DE NOTRE DAME DES LANDES





 

 

 

 

 

 

 

Aux derniers jours de l’enquête, nous nous résolvons enfin à écrire, en présence des forces de l’ordre, pour dénoncer ce simulacre de démocratie et ce projet d’aéroport qui constitue une imposture par rapport aux principes du développement durable dans la mesure où il n’est pas indispensable.

 

Nous dénonçons une procédure de consultation « riquiqui », relevant de principes démocratiques «aplatis et rabougris »:

 

- en présence des forces de la police et de l’armée encadrant l’enquête aux différents niveaux du process (sont-ce les nouveaux spécialistes du Développement Durable ?)

- avec une enquête raccourcie, située en pleine période estivale (entre moissons et vacances/ néanmoins le ciel nous a envoyé la pluie cette année)

- sans véritable information de fonds dans la presse ou à rechercher dans un rapport s’apparentant au style des « discours fleuves » de plusieurs centaines de pages, en fait une barrière servant à diluer les informations

Nous dénonçons ce projet d’aéroport en ce qu’il contrevient aux principes du développement durable et à notre indépendance en nous plaçant sous la dépendance des puissances de l’argent :

- Il est anti- économique dans la mesure où il n’est pas indispensable. Il va dans le sens d’un gaspillage de l’argent public qui pourrait être investi dans des secteurs d’avenir à plus forte valeur ajoutée.

- Il est anti social, il détruit des exploitations agricoles viables et les entreprises d’amont et d’aval du secteur qui permettent à des familles de vivre correctement et de manière équilibrée. Il détruit un tissu de relations sociales et une histoire (Il n’y a pas que l’angle de vision par rapport à des installations qui peut être perturbée/ cf. rubrique population de l’enquête)

- Il est anti environnemental, en ce sens qu’il soustrait plusieurs milliers d’hectares à une terre nourricière qui risque d’en manquer; alors que nous sommes déjà dans la « décroissance de la ressource »avec des espaces par habitant qui se réduisent chaque jour. Il relève de l’économie prédatrice.

 

Dans le cas présent, le projet porte particulièrement atteinte à l’eau parce qu’il interfère avec les sources d’un grand nombre de ruisseaux, une « nappe perchée » qui alimente les bassins de la Vilaine et de la Loire et les captages qui y sont liés.

 

L’eau du bassin de la Vilaine, avec notamment le captage du barrage d’Arzal, serait impactée via, l’Isac et le Plongeon à partir de :

- Ruisseau des pâtures de la Saulze

- Ruisseau de la Noue

- Ruisseau des Ardinières

- Ruisseau des Culnoues

- Ruisseau des Noues

- Ruisseau de la Gaîté

- Ruisseau de l’Epine

L’eau du bassin de la Loire via l’Erdre, le Gesvres et l’Hocmard, à partir de :

- Ruisseau du Pont Bernard

- Ruisseau de l’Isolette

 

L’impact du projet est sous-estimé. Cela permet d’accréditer l’idée que le projet s’implante là où « il n’y a rien ou presque rien », processus classique utilisé par tout colon pour s’approprier et piller des ressources.

 

En dehors de ce projet, il n’a pas été fait état du réseau d’eau potable constitué par les puits traditionnels les fontaines et d’une manière générale du petit patrimoine. L’histoire des habitants du lieu est niée, leur patrimoine culturel est occulté.

Il n’est pas fait état des polluants rejetés par l’eau et les airs en dehors de l’espace des installations aéroportuaires projetées. Quelle pourrait être leur incidence sur la Qualité des productions agricoles en dehors du périmètre strict de l’implantation…?. Alors que ces dernières s’engagent de plus en plus vers la Qualité, que deviendront les labels... ?

 

Nous ne savons rien des nappes souterraines, on nous laisse entendre qu’il n’y aurait pratiquement pas d’infiltration, on ne sait pas trop sur quelle base.

Les rejets de polluants sont systématiquement minorés.

 

Nous apprenons que l’eau et les déchets polluants des emprises aéroportuaires seraient acheminés vers 7 bassins de rétention « multi-fonctions », bel habillage pour dire que l’on mélange l’eau et les déchets. Nous avons d’ailleurs du mal à comprendre, il y aurait 6 petits bassins attenants à ces 7 grands bassins pour y localiser les déchets les plus dangereux qui apparemment seraient rejetés dans le réseau d’eau à des moments opportuns. Le rapport précise qu’aucun de ces bassins n’est positionné sur un cours d’eau, excepté 2 sur le ruisseau des Culnoues (bassins 5 & 6). Pour nous, cela n’est pas une exception, mais correspond à 2/6 ou 1/3 situé sur un cours d’eau.

 

En fait ce qui nous est proposé, c’est de diluer la pollution pour qu’elle n’apparaisse pas (à la Santé des buveurs d’eau et dérivés de la Vilaine et de la Loire !), selon la belle formule « d’abattement de pollution »

Enfin le dossier ne comporte pas de mesures sérieuses de compensation, au-delà de la rhétorique du « Eviter, Réduire, Compenser », et d’une présentation de la stratégie servant à masquer l’absence de mesures réelles.

 

C’est ce que dit le rapport lui-même :

 

« Compte tenu de l’ampleur de la démarche de compensation qui est à mettre en oeuvre… la compensation ne peut être mise en oeuvre que progressivement…Au moment de la présentation du dossier, il est présenté un cadre méthodologique, le plus précis possible de la stratégie de compensation, les amorces de sa mise en place, les engagement du maître d’ouvrage ».

 

Une partie essentielle de la stratégie semble résider dans le creusement de trous de mares, pour retenir l’eau, mais on ne sait pas trop à quels endroits…

On projette de retrouver des zones humides en soustrayant des terres arables à l’agriculture...

 

Une des « mesures stratégiques », phare et innovante du projet de NDL étant la «transformation de peupleraies en prairies ». Il va donc nous falloir revoir nos classiques, car jusqu’ici pour la plupart des experts sur cette terre, la forêt, le bois étaient considérés comme des régulateurs de climat (captage CO2) pour l’air et l’eau dont ils assurent la rétention et la purification…et que par ailleurs le peuplier est déjà un arbre de zone humide (sans doute une théorie de type Shadock)

D’autres éléments de stratégie ne correspondent qu’à des copies de pratiques de jardiniers biologiques certes intéressantes mais se situant a priori dans une autre échelle d’univers (cf. construction de petits abris pour abriter la faune avec de petits tas de fagots et pierres).

 

 

Dans ces conditions et pour toutes ces raisons, nous demandons à surseoir au projet de Notre Dame des Landes, étant donné la notion d’irréversibilité que représente ce projet coûteux et inutile.

 

Nous ne voulons pas d’un projet sans avenir ; nous demandons que le chemin soit ouvert pour «d’autres avenirs possibles », y compris pour le transport.

 

Pour cette raison nous choisissons le respect de l’eau, « An Dour » comme le faisaient nos ancêtres avant nous, avec leurs fontaines sacrées et leurs « triskèles ».

 

 

 

 

 

Nous suivons les principes définis par les Nations Unies lorsqu’elle déclare que le droit à une eau potable, salubre et propre est un « droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l'homme ». (Résolution du 28/07/2010/ décennie mondiale de l’eau 2005-2015).

 

L’élément eau nous paraît supérieur à l’élément pétrole et kérosène pour préparer le futur, en raison de sa prégnance dépassant largement les éléments fossiles qui ne seront qu’une parenthèse dans notre histoire.

 

Si, comme l’écrivait Goethe, « l’âme de l’homme ressemble à l’eau », alors c’est ce choix que nous faisons. (Chant des Esprits sur les Eaux/ Johann Wolfgang Von Goethe)

 

 

 

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